BUSARD PÂLE

Circus macrourus

Classe : Oiseaux SuperOrdre : Rapaces Ordre : Accipitriformes Famille : Accipitridés Longueur : 40-50 cm Envergure : 98-117 cm Poids : 400-550 gr (F) - 200-400 gr (M)

Pallid Harrier Steppenweihe Aguilucho papialbo Albanella pallida Steppe Kiekendief Stäpphök   arosuohaukka   Tartaranhão-de-peito-branco moták stepní

Chant et voix : Le busard pâle est plutôt silencieux en dehors de la période de reproduction. Autrement, sa communication est assez semblable à celle du busard st martin et du busard cendré. Il émet donc des "yik-yik-yik" striidents quand il est en vol. La femelle produit un "piih" discret lorsque le mâle lui apporte la nourriture au nid. Pendant le vol nuptial, cet oiseau lance un cri strident et sonore.

Caractères distinctifs : Les 2 sexes sont très différents : Le mâle a un plumage très clair; les vieux oiseaux sont reconnaissables à leur dessous blanchâtre qui contraste avec les pointes noires de certaines primaires; les parties supérieures sont gris pâle tranchant avec les pointes noires des ailes, ce qui leur donne une apparence assez différente de celle du busard cendré ou du busard saint Martin. Les iris et les pattes sont jaunes.

Les femelles ont une apparence générale brune. Elles ont un dessous plus clair fortement parsemé de stries foncées. Les femelles des busards pâles peuvent être différenciées de celles des autres busards (Cendrés ou Saint-Martin) par les motifs qui ornent la face. La tache noire qui orne les oreillons est bien plus développée en direction du menton et du bec. Elle est soulignée par un collier clair qui entoure la base du cou. Il y a également une différence en ce qui concerne le nombre de bandes qui marquent les secondaires. Chez le busard pâle, il y en a 3 alors que le busard cendré n'en possède que 2 complètes.

Les juvéniles ressemblent beaucoup aux femelles mais leur parties inférieures et le dessous des ailes est brun-rouille sans stries. Comme chez leur mère, les motifs faciaux et le collier clair sont particulièrement visibles et constituent des caractères essentiels pour l'identiification. Les juvéniles acquièrent leur plumage définiitif vers l'âge de 2 ans.

Habitat et Distribution : Les busards pâles nichent dans les plaines herbeuses, les steppes sèches ou les steppes arborées, souvent à proximité de petites rivières, de lacs ou de marécages. Au nord de leur aire, une faible minorité de la population se reproduit dans les forêts boréales et dans la toundra où elle trouve des sites qui lui conviennent à l'intérieur de clairières. En hiver, les busards pâles occupent le même genre d'habitat, mais ils s'installent égalemment dans les champs de céréales, les zones boisées ouvertes et les plateaux montagneux jusqu'à 2000 mètres d'altitude. Ils effectuent des visites occasionnelles dans les marais et dans les rizières.

L'aire de nidification du busard pâle s'étend de l'Ukraine et du sud de la Russie jusqu'au Nord-ouest de la Chine et l'Ouest de la Mongolie. En hiver, cet oiseau migre dans la péninsule indienne et en Afrique, au sud du Sahara et à l'Est du Lac Tchad. Certains oiseaux, une faible minorité, hivernent en bordure de l'aire de nidifcation en Turquie, dans les balkans, en Iran et au sud de la mer Caspienne. L'espèce est considérée comme monotypique, c'est à dire qu'elle n'est pas divisée en sous-espèces.

Comportements : Les busards pâles passent une grande partie de la journée à chasser, parcourant parfois près de 20 kilomètres autour de leur perchoir favori. Comme les autres espèces du genre Circus, ils volent à faible hauteur au-dessus du sol et ils plongent à terre pour capturer leur proies.

A partir de la fin Août ou du début de Septembre, les busards pâles quittent leur lieux de nidification pour rejoindre des territoires plus cléments situés au sud.. La migration s'effectue sur un large front et les concentrations d'oiseaux aux points de passage dans les détroits sont généralement peu importantes. Les populations situées dans l'Ouest de l'aire de nidification migrent en Afrique au sud de Sahara tandis que celles de l'Est se dirigent vers le subcontinent indien (Afghanistan, Pakistan, Inde, Bengladesh, Népal et Myanmar). Les routes migratoires ne sont pas identiques; les oiseaux qui descendent en Afrique passent par la Turquie en octobre et en novembre. Au retour au printemps , ils empruntent un itinéraire plus occidental, passant par l'Afrique du nord et la Tunisie.

Reproduction :Les busards pâles atteignent la maturité sexuelle probablement vers l'âge de 2 ou 3 ans, ce qui ne les empêche pas parfois de se reproduire plus précocément. Ces oiseaux arrivent sur leurs lieux de nidification en Avril et ils sont déjà appariés. Dès qu'ils ont trouvé un endroit approprié pou se reproduire, ils marquent leur territoire par une série de parades aériennes tout à fait semblables à celles du Busard Cendré (Circus pygargus). Comme chez les autres espèces de busards, les nids sont relativement proches les uns des autres . Parfois, ils forment même des colonies laches. le nid est placé à terre, dissimulé par les herbes et souvent proche d'un point d'eau. A la fin du mois d'Avril ou au début du mois de Mai, la femelle y dépose 4 à 5 oeufs qu'elle couve seule pendant 29 à 30 jours. Les petits séjournent au nid pendant 33 à 45 jours. Après l'envol, les 2 ou 3 survivants restent dépendants pour la nourriture pendant 2 à 3 semaines.

Nourriture : Les busards pâles se nourrissent principalement de rongeurs, en particulier de lemmings. Ils consomment également de souris des champs, des musaraignes, des sousliks et des hamsters. Ces oiseaux capturent aussi beaucoup d'oiseaux tels que les oisillons des alouettes, les pipits et les jeunes poussins qu'ils trouvent dans les basses-cours. Occasionnellement, ils attrapent des lézards et des insectes. Les busards pâles sont très dépendants des petits rongeurs et le nombre des nichées varie souvent en fonction de ce critère.

Protections/Menaces : Dans leur aire de nidification, les busards pâles souffrent principalement de la dégradation de leur habitat et de la transformation des prairies en terres labourables. Le brulage de herbes sèches et le surpaturage des prairies constituent également des menaces importantes. Pendant la période hivernale, ces oiseaux sont sans doute victimes des pesticides et des produits contre les rongeurs. La population globale est estimée entre 9000 et 15000 couples. En Europe de l'Est (Azerbaidjan, Russie occidentale, Turquie, Ukraine et Roumanie), l'espèce est nettement en déclin. Elle a même disparu de la Moldavie et de la Bielorussie. La population-clé du sud de la Russie a été amputée de plus de 30% dans les années 70-90; Les effectifs des populations d'asie semblent plus stables : dans le nord du Kazakhstan, on a compté enntre 1500 et 2000 couples avec des densités atteignant parfois 25 oiseaux pour 100 kilomètes carrés. Dans la région d'Almaty, ces oiseaux sont localement abondants. Pour les parties les plus orientales de l'aire, les renseignements font défaut.

Compte-tenu du déclin récent, l'IUCN classe cette espèce comme presque menacée (NT -Near Threatened).