PIC GLANDIVORE

Melanerpes formivivorus

Classe : Oiseaux Superordre : Grimpeurs Ordre : Piciformes Famille : Picidés Longueur : 19-23 cm Envergure : 35-43 cm Poids : 67-89 gr Longévité :?? ans

Acorn Woodpecker Eichelspecht Carpintero Bellotero Picchio delle ghiande Eikelspecht Samlarspett Jeludiovyi diatel

Chant et voix : Cet oiseau plutôt bruyant émet des cris nasals, rauques et des sortes de rires hennissants. Le cri le plus courant est "whaaka whaaka wa ka " répété à de multiples reprises par un groupe perché lorsqu'un oiseau se pose. Ce cri est produit également à très grande fréquence lors de disputes territoriales et est souvent accompagné d'un déploiement des ailes. Des cris plus intimes " hick a ick a ick " sont émis comme cris de contact, par exemple lorsqu'un assistant s'approche du nid.

Les tambourinages sont très rares et produits uniquement pour marquer la territorialité.

Caractères distinctifs : Les pics glandivores ont une calotte rouge. Le blanc du front est prolongé au niveau des lores par une étroite ligne et communique ainsi avec le blanc des joues et de la gorge où il vire au jaune pâle. Le menton est noir. La zone qui entoure l'oeil, la totalité des oreillons, les côtés et l'arrière du cou forment un ensemble noir brillant. Le manteau et la partie supérieure du dos sont également noir brillant, contrastant avec le bas du dos, le croupion et les sus-caudales qui sont blancs. Le dessus des ailes est noir ou noir-brunâtre, mais les primaires ont des bases blanches et les couvertures ont des reflets verdâtres ou violacés. La queue présente la même couleur que les ailes, mais elle affiche parfois des terminaisons et des taches subterminales blanches sur les rectrices extérieures. Le noir du cou déborde légèrement sur le haut de la poitrine . Il entre en contact avec le blanc des parties inférieures en formant de longues stries foncées. Le reste du dessous est entièrement blanc, excepté les flancs qui sont plus ou moins striés de noir. Le dessous des ailes est assez semblable au dessus, avec toutefois une coloration légèrement plus terne et des stries sur les couvertures. Le dessous de la queue est pratiquement identique au dessus.

La femelle possède un bec qui est 10% plus petit que celui du mâle. La couleur rouge est restreinte à l'arrière de la calotte, la partie centrale étant noire. Chez les adultes, le bec est noir. Les pattes sont grises à gris-vert. Les iris sont blancs, blanc-jaunâtre ou blanc-rosâtre. Chez les juvéniles ces derniers sont bruns.

Habitat et distribution : Ce pic fréquente principalement des zones boisées de chênes et de pins . Sa densité dépend esssentiellement de l'abondance des chênes et de leur aptitude à porter beaucoup de glands. De l'Arizona en direction du sud jusqu'au Belize, on le trouve surtout dans des forêts mixtes de montagne, mais aussi parfois dans les boisements épars et dans les parcelles voisines en cours de régénération. En amérique Centrale et en Colombie, son habitat préféré est constitué par les forêts montagneuses de chênes mais il est également présent à la lisière des zones boisées, dans les peuplements clairsemés, les clairières et les pâtures qui sont pourvues d'arbres morts. En Californie, le pic glandivore est présent du niveau de la mer jusqu'à 1800 mètres. En Arizona, on le trouve au-dessus de 750 m. Au Mexique, son habitat se situe de 500 à 3000m, mais à des altitudes plus modestes sur le versant des caraïbes. Dans la forêt tropicale d'Amérique Centrale, il se situe de 1200m jusqu'à la ligne de limite des arbres. Plus au sud, en colombie, il vit à la fois sur les deux versants des Andes, entre 1400 et 3500 mètres.

7 sous espèces sont officiellement reconnues : M.F.formicivorus, la race nominale ( Mexique, du Chiapas en direction du Nord jusqu'à l'Arizona, le nouveau-Mexique et l'Ouest du Texas) - M.F.Bairdii (de la Baja californienne jusqu'au Nord Oregon) -M.F.augustifrons ( Extrême sud de la Baja) - M.F.lineatus ( du Chiapas au Guatemala et au Nord du Nicaragua) - M.F.striatipectus ( du Nicaragua jusqu'à l'Ouest du Panama) - M.F.albeolus ( Sud du Mexique, NE Guatemala et Belize) -M.F.flavigula (Colombie).

Comportements : Le pic glandivore est une espèce très active et très grégaire. Il vit généralement au sein de groupes rassemblant environ une quinzaine d'individus qui perchent ensemble sur une branche bien en vue. L'une des caractéristique principales de cet oiseau est de constituer d'importantes réserves de nourriture pour pouvoir passer l'hiver. Pour cela, il utilise des crevasses de l'écorce, des touffes d'épiphytes ou il creuse des milliers de petits trous très proches les uns des autres. Pour garnir ses caches et compléter ses stocks, le pic glandivore utilise plusieurs techniques : soit il glane sur les troncs et dans les branchages, soit il descend occasionnellement à terre pour faire sa récolte de glands. Au printemps, au mois d'Avril et de Mai, il se montre expert dans la poursuite et la capture d' insectes qui servent au nourrissage des jeunes ou qui sont également mis à l'abri dans les garde-mangers. En Californie, au mois de juin et de juillet, il creuse de petites excavations de quelques millimètres de profondeur pour recueillier la sève. Ces trous sont aménagés pour être réutilisés par la suite. Tout au long de l'année, le pic glandivore doit donc surveiller et défendre un certain nombre de points névralgiques sur son territoire dont la superficie varie de 5 à 52 hectares : lieux de perchages favoris, puits de forage où il recolte la sève, garde-mangers où il emmagasine ses réserves de nourriture.

Le pic glandivore possède un organisation sociale très complexe : pendant la reproduction, il adopte un système coopératif composé d'une quinzaine d'individus. La femelle principale possède en général 4 partenaires mâles. Une seconde femelle, habituellement une soeur de la précédente, est également présente. A ce noyau central qui est chargé de la procréation vient s'ajouter une dizaine d'assistants qui accomplissent les tâches les plus courantes : incubation, alimentatin des jeunes et nettoyage de la cavité. Ces aides sont recrutés la plupart du temps dans la parenté proche et dans les couvées précédentes. Les groupes sont généralement éphémères et ne durent que le temps d'une saison. Si le territoire est d'excellente qualité, les mâles ont tendance à rester sur place. Les femelles ont tendance à se disperser et cherchent à entrer dans un nouveau groupe. Si les liens de parenté dans le groupe sont trop proches, la relation entre les différents géniteurs est très improbable.

Chez les pic glandivore, les parades sont assez semblables à celles des autres espèces du genre Melanerpes (Pic de Lewis, Pic à tête rouge) mais elles sont assez peu connues. Elles consistent en une série de salutations accompagnées ou non de cris. Elles comportent également des postures au cours desquelles les épaules sont voutées et la tête baissée. Pendant ces parades, les plumes de la tête sont souvent hérissées. Lorsque des oiseaux se rencontrent , ils dressent leurs ailes au-dessus du dos et ils émettent des "wa-ka" bruyants.

Reproduction : En amérique Centrale, les pics glandivores nichent du mois d'Avril au mois d'Août. En Colombie, ils pondent en Mai et en Juin. Les oiseaux de Californie et d'Arizona se reproduisent de Mars à Septembre. Des secondes couvées et des nichées de remplacement sont déposées assez régulièrement. Il arrive également parfois que les pics glandivores nichent en automne, à la fin du mois d'Août et pendant tout le mois de Septembre.

Le nid est creusé dans un tronc d'arbre dont le bois est généralement pourrissant, à une hauteur qui varie de 5 à 21 mètres au-dessus du sol. Chaque fois qu'un nouveau nid est construit, tous les membres du groupe participent à la tâche. La ponte comprend habituellement 4 à 6 oeufs mais la taille varie souvent en fonction de la latitude. Bien que les femelles fassent preuve d'une grande agressivité et détruisent assez systématiquement les oeufs de leurs rivales, elles sont incapables d'empêcher une femelle subordonnée de pondre dans leur propre nid. En dépit du comportement de la femelle principale, les nids qui cumulent plusieurs pontes comptent en moyenne 2 ou 3 oeufs de plus que les autres nids. Seul deux tiers des oeufs parviennent à éclore. Environ deux tiers des poussins qui sont nés survivent et parviennent jusqu'à l'envol. Dans une saison, les nids qui reçoivent plusieurs pontes produisent en moyenne 35% d'oisillons de plus que les nids qui n'en recueillent qu'une seule. Les couvées jointes sont plus courantes là où les populations de pics sont très nombreuses.

L'incubation dure 11 ou 12 jours. Les petits sont nidicoles et sejournent au nid pendant près d'un mois. tous les membres du groupe s'occupent de la couvée. On peut compter jusqu'à 10 assistants qui participent à la couvaison et à l'alimentation des oisillons. Les femelles accomplissent plus de taches que les mâles mais elle ne couvent pas pendant la nuit et elles ne s'occupent pas de l'état sanitaire du nid. Il y a toujours un intervalle d'environ deux mois entre deux couvées.

Nourriture : L'alimentation de base est constituée de glands déssèchés , mais des glands verts peuvent également être consommés . Les glands forment environ 50% du menu des populations nordiques et ils constituent la principale source d'énergie pour l'hiver . D'autres graines comme les graines de pins sont également utilisées. L'absorption de sève est souvent importante. Les pics glandivores boivent l'eau sucrée qui s'écoule des mangeoires et consomment les fruits qui s'y trouvent. Occasionnellement, ils attrapent des fourmis et d'autres insectes (coléoptères, papillons, mouches). De temps en temps, ils mangent les oeufs et les oisillons d'autres couvées . Ils consomment aussi des lézards. Les jeunes oisillons sont nourris surtout avec des insectes (petits hémiptères, chenilles) . Les oisillons un peu plus âgés reçoivent des glands et des fruits.

Protection/ Menaces : L'espèce ne possède pas de statut particulier, étant considérée comme ne posant pas de problème majeur. Néanmoins, elle n'est pas l'abri de toute menace, la principale étant considérée comme la dégradation de son habitat. Le faible renouvellement des forêts de chênes et leur lente dégradation par les incendies peuvent constituer à l'avenir un réel danger.