Très actives toute la journée, les mésanges fréquentent les habitats forestiers, les broussailles et différentes sortes de zones boisées, mais elles viennent souvent près de nos maisons où elles peuvent trouver de la nourriture en hiver, des abris pour nidifier et la protection de nos jardins. Depuis la plus petite (9-10 cm), la terne Mésange modeste (Sylviparus modestus), jusqu'à la plus grande (20-21 cm), la Mésange sultane (Melanochlora sultanea) aux couleurs vives, nous trouvons de nombreuses combinaisons de plumages. Plusieurs mésanges ont une crête. Ceci est le cas de quelques espèces du genre Periparus, Lophophanes, Baeolophus, certaines Parus et l'unique Melanochlora.   

DESCRIPTION DES GENRES

Le genre Poecile comprend les mésanges d'Europe et d'Asie, ainsi que celles d'Amérique du Nord. Les membres de ce genre ont la tête noire ou brune, la bavette noire et les joues blanches. Les parties supérieures peuvent être grises ou/et brunes. Quelques variantes présentent un manteau plus clair chez les sous-espèces, mais en général, les ailes et la queue sont gris foncé ou noirâtres. Le dos est gris, brun, chamois clair ou châtain. Les couleurs des parties inférieures varient du blanc ou grisâtre au chamois clair ou châtain vif. Ces couleurs se trouvent souvent sur les côtés du corps et les flancs, alors que le milieu est plus clair. Mais certaines espèces ont un plumage plus sombre en général.  Le bec est noirâtre. Les yeux sont bruns ou brun foncé. Les pattes et les doigts sont bleu grisâtre.

Le genre Periparus ne comprend que des espèces de l'Ancien Monde. La Mésange noire (Periparus ater) se trouve en Europe et en Asie. Les autres espèces sont davantage présentes dans le nord de l'Inde, le nord de l'Asie, l'est de la Chine, l'Himalaya et le Népal.   Ces mésanges ont la tête noire, les joues blanches et la bavette noire, qui sont des critères importants chez les Paridés, mais elles présentent la particularité d'avoir une bande blanche verticale sur la nuque.  La majorité d'entre elles ont les parties inférieures jaunes et des parties supérieures grises ou brunes avec les ailes et la queue grises. Mais certaines espèces, comme la Mésange de Palawan (Periparus amabilis) ont la tête, les joues et la bavette noires. La Mésange noire peut aussi paraître différente selon les sous-espèces, avec des parties inférieures blanches, jaunes, chamois ou châtain. La Mésange élégante (Periparus elegans) de l'extrême nord des Philippines, est jaune et noire avec deux barres alaires blanches très évidentes. Les autres espèces, la Mésange à nuque rousse (Periparus rufonuchalis), la Mésange cul-roux (Periparus rudibiventris) et la Mésange de Vigors (Periparus melanolophus) sont plus foncées et présentent une crête noire à l'arrière de la calotte. Les parties supérieures ou même le corps entier sont gris foncé avec des taches châtain sur le bas-ventre, les parties inférieures ou les flancs. La Mésange à nuque rousse et la Mésange cul-roux n'ont pas de barres alaires.    

Le genre Lophophanes comprend seulement deux espèces, la Mésange huppée (Lophophanes cristatus) d'Europe et la Mésange des bouleaux (Lophophanes dichrous) du Népal.
Toutes deux présentent des couleurs douces avec des combinaisons de gris-brun, gris ou fauve, et une crête remarquable à l'arrière de la calotte. La Mésange huppée a la tête blanche, la bavette et un étroit collier noirs, et la crête « écaillée » noir et blanc. Les sous-espèces peuvent être plus sombres avec davantage de couleur fauve dans l'ensemble.

Mésanges du monde entier

par Nicole Bouglouan

La Famille des Paridés comprend 55 espèces divisées en huit genres.
Les mésanges se trouvent sur presque tous les continents
  excepté l'Australie, l'Amérique du Sud et les pôles. 

Dès que l'on parle de mésanges, la célèbre Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) est toujours présente à notre esprit. Mais la Famille des Paridés comprend de nombreuses autres espèces, tout aussi jolies et précieuses. Ces passereaux rondelets, petits ou moyens, ont un plumage doux dont les couleurs varient grandement. Pas beaucoup de stries ou de petits taches, mais de beaux verts, jaunes et bleus, ainsi que des marques brunes, grises, noires et blanches. 

La Mésange des bouleaux a la tête et la crête grises, la bavette et les joues gris brunâtre, et une rayure malaire blanche qui s'étend sur les côtés du cou. Les sous-espèces sont plus foncées et en général de couleur fauve dans l'ensemble.

Les membres du genre Baeolophus d'Amérique du Nord, et surtout la Mésange arlequin (Baeolophus wollweberi), ressemblent à la Mésange huppée européenne. Les cinq espèces présentent des couleurs très douces, gris brunâtre, gris, blanc grisâtre ou blanc-crème. Les parties supérieures sont souvent d'un gris brunâtre plus sombre. Excepté la Mésange arlequin qui a la tête et la crête noir et blanc avec le front gris, la Mésange unicolore (Baeolophus inornatus) et la Mésange des pinèdes (Baeolophus ridgwayi) sont plus ternes dans l'ensemble avec la tête grisâtre ou brunâtre, la face et une courte crête plus claires, et des parties inférieures gris brunâtre ternes. D'un autre côté, les deux espèces restantes, la Mésange bicolore (Baeolophus bicolour) et la Mésange à plumet noir (Baeolophus atricristatus) présentent des couleurs plus contrastées. Toutes deux ont les parties supérieures grises et le dessous blanc avec les flancs fauve chamoisé. La tête est gris pâle et les joues sont blanches. La Mésange bicolore a le front noir et la crête grise, alors que la Mésange à plumet noir a le front blanc, la calotte et la crête noires, et la nuque et l'arrière du cou gris. 

A l'intérieur du genre Parus qui comprend 23 espèces parmi les plus grandes, on trouve 15 espèces africaines. Les 8 autres se trouvent en Europe et en Asie.
Sept des espèces africaines sont beaucoup plus sombres, entièrement noires ou noir et blanc. Elles vivent toutes en Afrique subsaharienne, certaines étant même en Afrique du Sud. Elles ont la tête et le corps noirs, et les épaules, les couvertures alaires et les liserés sur les rémiges d'un blanc éclatant.

La Mésange à ventre blanc (Parus albiventris) a, comme son nom l'indique, l'abdomen et le bas-ventre blancs. Chez la Mésange enfumée (Parus funereus), le mâle est entièrement noir alors que la femelle a un plumage noir cendré. Elles n'ont aucune marque blanche. La seule couleur se trouve dans leurs yeux d'un rouge profond. La Mésange à dos blanc (Parus leuconotus) a un plumage contrasté noir et blanc. La Mésange galonnée (Parus guineensis) a les yeux blancs.

Les huit autres espèces Africaines sont plus claires et légèrement colorées. La Mésange à ventre cannelle (Parus rufiventris) a la tête et la bavette noires, les yeux jaune pâle, le dos et le haut de la poitrine gris foncé, et l'abdomen et le bas-ventre de couleur fauve. Les plumes des ailes sont bordées de blanc. La Mésange à œil jaunâtre (Parus pallidiventris) est semblable à la précédente excepté l'abdomen et le bas-ventre blanc chamoisé.
La Mésange à gorge rousse (Parus fringillinus) a la calotte noire, la tête, le cou et le haut de la poitrine fauve clair, les parties supérieures grises avec les ailes aux plumes bordées de blanc, et l'abdomen et le bas-ventre gris brunâtre terne. 
La Mésange à ventre strié (Parus fasciiventer) a la tête, le cou et la bavette noirs, avec une bande verticale descendant jusqu'au bas de l'abdomen. Le reste des parties inférieures est blanc-crème. Le dessus est gris-olive avec les ailes aux plumes bordées de blanc.
Les quatre espèces restantes sont plus typiques du genre Parus avec la tête et la bavette noires, les joues blanches, le dessous blanc grisâtre, le dessus plus gris, les ailes et la queue gris foncé avec des plumes aux liserés blancs.
La Mésange petit-deuil (Parus afer) a une bavette noire plus grande, des parties inférieures chamois et le dessus gris chamoisé avec peu de liserés blancs.
Ces quatre espèces ont une ligne noire qui descend de la bavette vers le bas de l'abdomen, et certaines d'entre elles présentent une bande verticale blanche sur la nuque.  

Les huit espèces restantes du genre Parus suivent les quatre dernières espèces Africaines, et certaines d'entre elles présentent des critères similaires comme les joues blanches, la tête et la bavette noires s'étendant vers le bas de l'abdomen. Les ailes et la queue sont grises ou gris bleuâtre, le dos est gris pâle, verdâtre ou gris bleuâtre, et les parties inférieures sont jaune clair ou blanchâtres. Les liserés blancs des ailes sont remplacés par une ou deux barres alaires. La Mésange charbonnière (Parus major) est une bonne illustration de ce genre.    
Ensuite, on trouve quelques mésanges avec des critères accentués tels qu'une plus grande bande noire sur l'abdomen, une tache blanche sur la nuque et des taches ou deux barres alaires blanches.La Mésange à ailes blanches (Parus nuchalis) représente l'extrême entre les oiseaux précédents et les espèces suivantes. On trouve ici plusieurs espèces avec crête et les mêmes couleurs que les oiseaux précédents, mais la crête est vraiment remarquable à l'arrière de la calotte. Chez ces espèces, la calotte, la crête et la bavette sont noires, les joues sont blanches ou jaunes, la bande ventrale est sombre ou noire, la nuque noire s'orne d'une tache plus claire blanche ou jaune, le dos est souvent gris bleuâtre, gris chamoisé ou gris jaunâtre avec les ailes et la queue plus foncées, deux barres alaires blanches sont visibles et le dessous est jaune pâle ou vif, ou encore blanc grisâtre ou blanc chamoisé chez certains oiseaux. Quelques sous-espèces peuvent être plus ternes avec des dessins alaires légèrement différents que les races nominales.
La Mésange de Taiwan (Parus holsti) a le dessous jaune et n'a pas de bande ventrale noire. La calotte noire s'étend sur le dessus des yeux et des couvertures auriculaires. La barre alaire blanche est très étroite.
La Mésange à front blanc (Parus semilarvatus) est très différente des autres avec son plumage noir ou noir brunâtre sur tout le corps, excepté le front et les lores blancs, et en plus, une tache alaire blanche chez la sous-espèce P.s. nehrkorni de Mindanao au sud des Philippines.
Le genre Parus est le plus important de cette famille.

Le genre Cyanistes comprend trois espèces dont la fameuse Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) d'Europe, la Mésange des Canaries (Cyanistes teneriffae) et la Mésange azurée (Cyanistes cyanus). Ces trois espèces sont bleues et jaunes ou bleues et blanches. Elles ont la tête typique avec les joues blanches, mais la bavette noire est très réduite avec seulement le menton et la gorge noirs, s'étendant autour de la tête jusqu'à former un collier noir étroit. La calotte est bleue, bordée d'une ligne blanche depuis le front jusqu'à la nuque. Le dos est jaune verdâtre. Les ailes sont bleues avec les rémiges gris foncé. On peut voir une barre alaire blanche formée par les extrémités des tertiaires. La queue est bleue également. Les parties inférieures sont jaunes, avec une bande noire verticale depuis le haut de la poitrine jusqu'à l'abdomen.  

La Mésange des Canaries , des Iles Canaries, est très semblable mais elle est d'un bleu plus foncé et n'a pas de barre alaire blanche. Son plumage est plus contrasté dans l'ensemble.    
La Mésange azurée de l'ouest et du centre de l'Europe jusqu'au centre de l'Oural est blanche et bleue. Sur les parties supérieures, le dos est bleu, mais les épaules, les ailes et la queue sont d'un bleu plus soutenu. On peut voir une nette barre alaire blanche et les rémiges sont terminées de blanc. La queue est d'un bleu profond avec les rectrices externes blanches. Le dessous est blanc avec une bande verticale étroite sur l'abdomen. La tête est blanche avec une ligne oculaire bleu foncé qui s'étend jusqu'à la nuque et redescend vers les épaules. La nuque est blanche.
Les sous-espèces « flavipectus » et « berezowskii » peuvent présenter du jaune sur la poitrine.

Le genre Sylviparus ne comprend qu'une seule espèce, la Mésange modeste (Sylviparus modestus) du Népal. Elle a le plumage terne jaune verdâtre dans l'ensemble, avec les parties inférieures et les côtés du cou plus clairs. Une crête très courte est visible au sommet de la calotte. Très différente des autres mésanges, ses comportements et sa couleur peuvent suggérer une relation avec les roitelets de la famille des Régulidés, mais cependant, plusieurs autres critères sont caractéristiques de la famille des Paridés.

Le dernier genre, Melanochlora, ne comprend lui aussi qu'une seule espèce, la Mésange Sultane (Melanochlora sultanea) du Népal. Celle-ci est la plus grande de toutes avec une longueur de 20- 21 cm et un poids de presque 50 grammes . Son superbe plumage contrasté noir et jaune fait de cet oiseau un joyau. La longue crête est jaune vif, comme l'abdomen et les couvertures sous-caudales. La tête, la grande bavette et les parties supérieures sont d'un beau noir-verdâtre luisant. Le bec est noir ou gris bleuâtre. Les yeux sont bruns ou brun-roux. Les pattes et les doigts sont bleu-gris. La sous-espèce “gayeti” du sud et centre Vietnam a la crête et la tête noires

Toutes ces espèces ont des habitudes assez similaires, que ce soit la nidification ou la façon de se nourrir. Nous étudierons ces comportements dans les pages suivantes.

HABITAT

Les Paridés fréquentent une grande variété d'habitats à travers leur immense distribution. Ils évitent les déserts trop chauds, froids ou glacés, préférant les zones avec végétation et même une certaine proportion de zones humides. Ils sont présents dans divers types de forêts, mais aussi dans les broussailles, les parcs et les jardins, aussi bien en ville qu'à la campagne. Les mésanges savent s'adapter. La Mésange bleue préfère les forêts de chênes et évite les conifères, mais selon la distribution et l'altitude, elle se trouve aussi dans les chênes-lièges en Afrique du nord, et dans les forêts de pins ou de cèdres dans les montagnes de l'Atlas. Certaines espèces vivent à haute altitude. La Mésange modeste vit entre 2000 et 4000 mètres d'altitude et fréquente les forêts de chênes ou de rhododendrons, mais elle peut se déplacer plus haut dans les zones boisées de conifères et les espaces arbustifs avec des saules le long des derniers arbres. La Mésange sultane en revanche se trouve en général en dessous de 2000 mètres , dans les forêts mixtes de feuillus et de conifères.

Les membres du genre Poecile fréquentent les zones boisées et les broussailles humides, ou les forêts voisines. Ceci représente les habitats typiques de la Mésange nonnette, de la Mésange lapone et de la Mésange de Caroline, ainsi que de quelques autres. Il leur faut des arbres morts et des souches pour nidifier, car certaines d'entre elles creusent la cavité du nid.

Les espèces Periparus se trouvent dans divers habitats comme les forêts secondaires, les lisières des marécages et les zones au pied des montagnes. Elles aiment les forêts matures et se reproduisent souvent à haute densité dans les forêts de conifères. Quelques espèces comme la Mésange noire ont un rendement moindre dans les forêts de chênes. Ces mésanges ne creusent pas la cavité du nid. Les deux Lophophanes préfèrent les forêts de conifères dans les parties au nord de la distribution. Cependant, au sud et au centre de l'Europe, on les trouve dans différentes habitats y compris dans les bois de feuillus. Elles peuvent vivre à haute altitude et ont besoin d'arbres morts pour creuser leurs nids. Les espèces du genre Baeolophus sont aussi des oiseaux forestiers. La Mésange unicolore aime les bois de chênes et de chênes mélangés avec des pins, alors que la Mésange des pinèdes vit dans les forêts de genévriers situées entre les montagnes. La Mésange arlequin occupe un habitat similaire mais elle a une niche de nourrissage différente due à sa petite taille. Le genre Parus est présent dans presque tous les habitats de l'Ancien Monde où l'on trouve ces oiseaux. Les mésanges africaines fréquentent principalement les savanes ouvertes ou boisées. Certaines d'entre elles, du nord-centre, est-centre et centre de l'Afrique s'aventurent dans les savanes aux lisières des forêts pluviales, des bosquets voisins et des galeries forestières. Les espèces Sud Africaines sont davantage associées à l'eau. Les autres espèces africaines se trouvent dans une grande variété de forêts d'altitude et d'habitats boisés. Les mésanges Parus restantes sont présentes dans des parties où la végétation est très présente dans les régions du Paléarctique et de l'Orient. Le Mésange charbonnière, la plus représentative de tous les membres du genre Parus, se trouve dans toutes sortes de forêts, broussailles ou buissons, mais elle est la seule qui soit associée aux mangroves et aux plaines, car elle monte rarement à plus de 2000 mètres d'altitude.

Les mésanges Parus ne creusent pas leurs nids.

Finalement, toutes les espèces fréquentent plus ou moins le même type d'habitat selon la distribution et la saison. En dehors de la période de reproduction, elles se trouvent dans une plus vaste diversité d'habitats. Ces oiseaux se nourrissent d'invertébrés en été et de graines en hiver, ce qui explique l'adaptation d'un habitat à un autre. Les aires de reproduction doivent être pourvues d'arbres morts et de souches car la plupart des espèces creusent elles-mêmes la cavité de nidification. On les voit souvent dans les parcs et les jardins où elles profitent de la nourriture offerte par les humains. Les vergers et les plantations d'oliviers, les lisières des cultures ou les zones mixtes jardins/cultures sont adaptées aux besoins de plusieurs espèces de mésanges. Ces oiseaux sont vulnérables à la déforestation qui entraine des aires de reproduction plus petites et la séparation des populations. Les oiseaux doivent parcourir de plus longues distances entre eux et sont donc plus exposés au risque de prédation. Le succès de la reproduction est plus bas dans les zones boisées restreintes que dans les forêts continues, et la transmission des gènes de chaque espèce est plus réduite entre ces populations séparées.

D'après une étude britannique, la Mésange charbonnière et la Mésange bleue ont vu décroître leurs chiffres de reproduction avec la taille plus restreintes des forêts à cause de la fragmentation

ALIMENTATION ET TECHNIQUES DE NOURRISSAGE

Les Paridés se nourrissent d'invertébrés et de graines, ainsi que de quelques fruits. Les poussins sont nourris avec des chenilles et des petits insectes, et les graines sont consommées en dehors de la période de reproduction. En fonction de la taille, les mésanges recherchent leur nourriture de différentes manières. Les plus grandes sautillent sur le sol en fouillant le tapis de feuilles. Elles font aussi du vol stationnaire pendant de brefs instants, et se suspendent pour atteindre certaines proies, mais moins souvent que les plus petits oiseaux qui sont plus agiles. Les petites mésanges glanent des insectes sur le feuillage en voltigeant et en se suspendant par une patte ou les deux à une tige ou une petite branche, la tête en bas, souvent à la manière des roitelets ou des parulines. Les plus grandes espèces fouillent dans les crevasses de l'écorce comme le font les sittelles et les grimpereaux.

Se suspendre est la méthode la plus utilisée par les Cyanistes, ainsi que par certaines Poecile et deux Parus. Les petites mésanges sont aussi connues pour les poursuites d'insectes en vol. Les oiseaux pourvus d'un bec plus fort comme les membres des genres Parus, Baeolophus, Cyanistes et Poecile tiennent la graine ou la proie sous une patte ou avec les deux, et donnent des coups répétés verticalement avec le bec. Les plus grandes chenilles sont tuées de cette façon avant de leur enlever la tête pour nourrir les poussins sans risque de blessure.

COMPORTEMENTS  : (parades, chants)

Comme les autres oiseaux, les Paridés sont territoriaux pendant la saison de reproduction et plus grégaires le reste de l'année. Les chants d'avertissement déclarent l'établissement d'un territoire. Les mésanges défendent leur espace à l'aide de différents comportements, en général des chants et des parades. Ils adoptent des postures menaçantes classiques qui mettent les dessins et les taches de leur plumage en valeur, poursuivent les intrus et les chassent hors de la zone, et quelques disputes peuvent se produire entre les mâles. La période de reproduction commence lorsque les rassemblements hivernaux se disloquent. Des agressions entre mâles sont à noter tandis qu'ils essaient d'établir un territoire. Les couples se forment ou se reforment.

 Les parades, que ce soit de menace ou nuptiales, sont accompagnées de cris et de chants. Ces espèces grégaires sont assez bruyantes et émettent des cris de contact calmes ou plus forts selon la situation en se nourrissant en groupes. Leurs cris peuvent être calmes, doux ou durs, menaçants ou rauques, et plus ou moins explosifs. Les notes répétées fréquemment en phrases rapides traduisent une situation précise comme le degré d'importance du risque en cas de menace.Les chants émis durant les parades nuptiales sont habituellement haut-perchés. Une femelle qui défend son nid peut émettre des sifflements semblables à ceux d'un serpent, accompagnés de soubresauts des ailes et la queue largement déployée.

Le chant est associé à la reproduction afin d'attirer un ou une partenaire, et aussi à la territorialité. Il peut être lancé à n'importe quel moment de la journée mais surtout à l'aube en période nuptiale. Les mâles ont des répertoires vastes, et ceux qui chantent le plus sont dominants. Cela représente aussi un signe de qualité pour un mâle, et les femelles préfèrent s'accoupler avec ceux qui chantent davantage que les autres. Les chants des Paridés sont souvent répétitifs et très variés. Certains d'entre eux peuvent être comparés à ceux des Turdidés . Le chant est une facette importante des parades nuptiales, mais la taille de l'oiseau et les dessins de son plumage jouent aussi un grand rôle. Pour mettre en valeur ces critères, ils adoptent des positions exagérées avec la tête bien relevée, en particulier chez les Parus, Poecile et Cyanistes.

Les mésanges effectuent aussi des offrandes de nourriture pendant la période de reproduction. Elles sont habituellement monogames et les liens du couple durent fort longtemps. La saison commence souvent par ces rites. Le male offre un insecte ou n'importe quelle sorte de nourriture à la femelle, qui le reçoit avec les ailes frissonnantes et en émettant des pépiements comme le font les poussins lorsque les parents les nourrissent. Ces cadeaux sont un autre signe de la qualité du mâle qui sera capable de bien nourrir ses petits. Et cette nourriture représente aussi un supplément nutritionnel pour la femelle au moment où elle développe les œufs.

REPRODUCTION  :

Toutes les mésanges nidifient dans des cavités naturelles ou artificielles ou des nichoirs selon les disponibilités. La majorité des espèces utilise un trou d'arbre, et les membres des genres Poecile, Baeolophus et Lophophanes creusent leur propre cavité dans du bois mort. Plusieurs Periparus nidifient dans des trous sur le sol, aussi bien dans un talus en pente que dans un vieux nid de souris.

Habituellement, les deux partenaires creusent ensemble, mais c'est la femelle seule qui construit le nid à l'intérieur. La base est constituée de mousse, une épaisseur qui varie de un à huit centimètres. Mais la mousse peut être remplacée par de l'herbe ou de la végétation sèche, avec des plumes et des poils en plus, lorsque la mousse n'est pas disponible. C'est le cas de la Mésange des Canaries. Mais si les poils sont utilisés pour tapisser le nid, l'usage des plumes n'est pas si commun. En fait, les plumes pourraient servir davantage à distraire et leurrer les prédateurs qui cherchent les œufs, qu'à adoucir le fond du nid.

Les nids des Baeolophus sont plus complexes et comprennent plusieurs matériaux végétaux, des poils et des plumes, mais aussi de la peau de serpent chez la Mésange bicolore et la Mésange à plumet noir. Les mésanges qui vivent dans des régions sèches font une base avec des copeaux de bois. Les oiseaux utilisent les matériaux qu'ils trouvent à l'intérieur de leur territoire et aux alentours du nid. Tandis qu'elle construit le nid, la femelle se sert de sa poitrine pour donner une forme à la coupe. Quand des plumes sont utilisées, elles sont souvent empilées au-dessus des œufs. La femelle dort dans le nid jusqu'à l'envol des jeunes, alors que le mâle dort dans une cavité plus petite à l'intérieur de son territoire.  

 Une fois que le nid est construit, les œufs sont pondus à raison d'un par jour. L'incubation commence lorsque la couvée est complète. La taille varie selon l'espèce, mais en général, les mésanges ont des couvées importantes. Les espèces vivant sous des latitudes tempérées ont davantage d'œufs que celles qui sont sous les latitudes tropicales. La Mésange charbonnière peut pondre jusqu'à 12 œufs en Europe, alors que les mésanges orientales du genre Parus déposent entre 3 et 7 œufs, et les espèces africaines seulement 2 ou 4. Il semblerait que le nombre d'œufs pondus par la femelle soit calculé en fonction de ce que le couple peut élever, afin de donner les meilleures chances de survie aux jeunes. Une seconde couvée peut être pondue si la nourriture est suffisante. La Mésange noire qui est intimement associée aux conifères peut avoir une troisième couvée car ces forêts toujours vertes lui procurent des proies en abondance.

La période d'incubation peut durer entre 12 et 14 jours, mais elle est plus longue dans le nord de la distribution, jusqu'à 18 jours pour la Mésange lapone et la Mésange huppée . Les poussins sont nourris par les deux parents. Chez quelques espèces comme les Baeolophus et les mésanges africaines, la reproduction communautaire a été observée, et les parents sont aidés pour l'élevage des jeunes. Les poussins grandissent vite et quittent le nid au bout de 16 à 22 jours selon les espèces. Les parents les attirent au dehors avec de la nourriture proposée depuis l'extérieur du nid. En général, une fois le premier poussin sorti, les autres suivent. La période de dépendance peut varier entre 21-45 jours, 50, 60 et jusqu'à 80 jours pour la mésange variée.

Dans le cas où les mésanges se reproduisent à l'intérieur des groupes, les jeunes sont rapidement indépendants, entre 6 et 8 jours pour la Mésange charbonnière et la Mésange bleue .

VOL ET MIGRATIONS  :

Les Paridés effectuent des vols courts avec des battements rapides. Elles voltigent brièvement en face de la végétation pour se nourrir. Sur de plus longues distances, leur vol est ondulant avec des battements actifs alternant avec des glissés.

 La famille des Paridés est l'une des plus sédentaires parmi les passereaux. On trouve trois sortes de déplacements, avec d'abord, les dispersions post-natales des juvéniles. Ils se déplacent pour chercher de la nourriture après avoir acquis leur indépendance, et ils doivent trouver leur propre territoire. Les Paridés font aussi des migrations altitudinales. Les oiseaux qui vivent à haute altitude descendent plus bas en hiver, dans des zones plus tempérées. Mais ils restent souvent au-dessus de 2000 mètres et ces déplacements ne sont que des migrations partielles car beaucoup d'oiseaux, surtout des adultes, ne bougent pas et passent l'hiver en altitude. Les arrivages subits sont dus au manque de graines. Plusieurs espèces de mésanges font alors irruption dans des endroits bien au-delà de leur distribution habituelle, ce qui entraine des compétitions entre espèces pour la nourriture. Les oiseaux locaux sont normalement dominants, mais les faibles couleurs du plumage d'hiver peuvent faire changer les statuts et le dominant devient dominé. Mais ces déplacements sont en général effectués sur des distances assez courtes.

MENACES ET STATUTS  :

Seules quelques espèces orientales sont menacées, et la Mésange à ailes blanches est classée comme étant Vulnérable. La menace principale est la perte de l'habitat à cause de la fragmentation et de la dégradation de leurs habitats, entrainant de rapides déclins. Quelques espèces asiatiques comme la Mésange variée sont piégées pour le commerce des oiseaux de cage. Deux espèces africaines, la Mésange à gorge rousse et la Mésange à ventre gris sont à risque à cause de la dégradation de l'habitat. Toutes les espèces sont menacées par la déforestation et la fragmentation des forêts. Les compétitions pour les cavités de nidifications entre plusieurs espèces entrainent aussi des déclins.

Cependant, plusieurs Paridés ont étendu leur distribution au cours des dernières années et les populations ne semblent pas menacées actuellement. La mise à disposition de nichoirs artificiels a également contribué à un meilleur succès de reproduction, et la nourriture procurée par les humains en hiver avec les mangeoires installées dans les jardins s'avère aussi une aide précieuse lorsque les ressources naturelles manquent.

Sources  :

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD Vol 12 by Josep del Hoyo-Andrew Elliott-David Christie - Lynx Edicions - ISBN: 8496553423

 THE HANDBOOK OF BIRD IDENTIFICATION FOR EUROPE AND THE WESTERN PALEARCTIC by Mark Beaman, Steve Madge - C.Helm - ISBN: 0713639601

 THE COMPLETE BOOK OF BRITISH BIRDS – Written by “Royal Society for the Protection of Birds” experts - Préface de Magnus Magnusson - Michael Cady- Rob Hume Editors - ISBN: 0749509112

 ENCYCLOPEDIE DES OISEAUX DE FRANCE ET D'EUROPE – de Peter Hayman et Rob Hume - Flammarion – ISBN : 2082009920

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