MARTIN-PÊCHEUR POURPRE

Classe : Oiseaux Ordre : Coraciiformes Famille : Alcédinidés Longueur : 14 cm Poids : 14-20 gr (M) - 14-16 gr (F)

Black backed Kingfisher Martin pescatore dorsonero Martín Pigmeo Oriental
Dschungelfischer Jungle-dwergijsvogel

Habitat et Distribution : Cet oiseau fréquente les forêts primaires et secondaires sempervirentes ou non. Contrairement aux espèces africaines du genre Ispidina, il se tient à proximité des ruisseaux et des étangs et il se perche à faible hauteur (1-2 mètres) au dessus des cours d'eau. Présent de Bombay jusqu'à Hainan et jusqu'à l'ouest des Philippines, son territoire s'étend au sud jusqu'au Sri Lanka et à Java. Mais sa répartition sur son aire est très inégale. Dans plusieurs pays, il est extrêment rare, même dans son habitat de prédilection qui est les zones forestières. En faible densité sur le continent indien hormis dans le Sud-Ouest, il est également peu courant en Thailande et dans les

zones montagneuses. Par contre, il est assez abondant dans les forêts de Bornéo jusqu'à 1000 mètres et dans les zones proches de l'Equateur en général. Son observation est difficile comme pour la plupart des espèces sylvestres.

Caractères distinctifs : Deux petits martins-pêcheurs cohabitent dans une grande partie de l'Asie du sud-est. tous deux ont un dessous jaune-orange, mais l'un a un dessus roux-lilas tandis que l'autre possède un dos noir avec des ailes bleu-foncé. Ces oiseaux ont souvent été traités par de nombreux ornithologues comme deux espèces bien distinctes, Ceyx Rufidorsus et Ceyx Erithacus. Cependant, le fait qu'ils se croisent à Bornéo, Sumatra et dans la peninsule malaise, qu'il existe des intermédiaires dans la première île citée, nous amène à le décrire plutôt comme une seule espèce dimorphique qui possèderait deux phases de couleurs.

Chez l'adulte, forme à dos noir, le capuchon et l'arrière du cou sont roux avec de fortes nuances lilas, certaines plumes étant violettes à leur extrémité. Une petite tâche noire macule le milieu du front. Les lores sont noires, le reste du front chamois pâle. Les parotiques, les joues, la région malaire et les faces latérales du cou affichent une teinte orange. Sur ces dernières, une tache bleu-foncé surmonte une autre tache blanc jaunâtre. Le manteau est roux. Le haut du dos bleu foncé contraste avec le bas du dos, le croupion et les sus-caudales lilas. La queue est rousse. Les scapulaires et les tertiaires présentent une couleur bleu foncé alors que les ailes voisines sont noires. La plupart des couvertures sont bordées de bleu. Le menton et la gorges sont blancs ou jaune pâle. Le reste du dessous et les sous-alaires présentent une belle teinte jaune-roussâtre brillant. Le bec est rouge, l'iris brun foncé entouré d'un cercle occulaire noirâtre. Les pattes, pourvues simplement de 3 doigts, sont de la même couleur que le bec.

Chez l'adulte, forme à dos roux, toutes les parties qui sont bleues chez l'autre forme sont rousses et teintées de violet. Les juvéniles sont plus ternes que les adultes et la teinte violette est beaucoup moins évidente. L'ensemble du dessous, du menton au ventre, sont blanchâtres. La queue possède parfois une pointe sombre. Le bec est jaune orange avec une extrémité claire. Les juveniles de la forme à dos noir ne possèdent pas de bleu hormis partiellement sur les scapulaires et les couvertures.

On considère généralement qu'il existe trois sous-espèces ou variantes géographiques. Les deux premières possèdent une phase à dos roux, la troisième en étant dépourvue. Ceyx erithacus erithacus vit au Sri Lanka, dans le Sud-Ouest et le nord de l'Inde, le Sikkim, le Népal, la Birmanie, la Thaïlande, l'Indochine et Hainan. Son aire, considérée comme la plus vaste s'étend au sud jusqu'à Singapour et Sumatra. Ceyx E. Motleyi vit à Bornéo, aux Philippines, de Java à Sumbawa et Flores, en Indonésie. Ceyx E. Macrocarus, vit aux iles Nicobar et Andaman ainsi qu'à Nias, à l'Ouest de Sumatra. Ces trois sous-espèces se distinguent foncièrement par la plus ou moins grande étendue de la couleur lilas sur leur plumage.

Nourriture : En raison de son habitat diversifié, l'approvisionnement du martin-pêcheur pourpre provient à la fois du milieu terrestre et aquatique. Il consomme en effet des mantes, des criquets, des mouches et des araignées mais également des coléoptères aquatiques, des patits crabes, des grenouilles et des poissons de petite taille.

Reproduction : Le couple creuse en commun une galerie d'environ 1 mètre de long dans une berge meuble ou le talus d'une route distante de l'eau. Sa longueur est moindre lorsqu'elle est forée dans une termitière ou entre les racines d'un arbre renversé. Lorsque le matériau est friable ou de faible résistance comme le sable, la tache ne traine pas et l'on estime qu'en couple peut creuser environ 25 cm de longueur en l'espace de moins d'une heure. La galerie aboutit à une chambre de ponte qui mesure 13-15 cm de diamètre et 5-7 cm de haut. La ponte moyenne varie de 3 à 7 oeufs. Elle intervient en Juin au Sri Lanka, de Juillet à Septembre dans le sud-Ouest de l'Inde, en Avril et Mai dans le Nord-Est, en Mai en Malaisie, de Décembre à Mai à Java et en Mars à Sumatra.

Comportements : Le martin-pêcheur pourpre chasse seul à l'affût sur un petit monticule ou à faible hauteur dans la végétation. Il ne s'immerge jamais totalement pour capturer ses proies qui sont situées à la surface ou juste en-dessous. Il chasse également au sol, dans les airs ou dans les feuillages. Le martin-pêcheur pourpre adopte une comportement territorial et règle aprement ses querelles de voisinage ou toute intrusion dans son aire de nourrissage ou de nidification. C'est un oiseau migrateur. Sa plus grande densité et sa meilleur implantation dans le sud sont sans doute dues au fait que les oiseaux du Nord hivernent dans la partie méridionale de son aire de distribution. C'est notamment un visiteur bien connu de la péninsule malaise. La migration bat son plein en Août-Septembre et le retour vers le Nord s'effectue en Mars. On en possède pas de renseignements suffisants pour déterminer si l'extrême-Nord de son aire est totalement désertée pendant l'hiver ou si certains oiseaux de ces régions restent sur place et font preuve d'un comportement sédentaire.