ONORE RAYE

Tigrisoma lineatum

Classe : Oiseaux Superordre : Echassiers Ordre : Ardéiformes Famille : Ardéidés. Longueur : 66-76 cm Envergure : ?? cm Poids : 840 gr Longévité : ??

Rufescent Tiger-Heron Marmorreiher Avetigre Colorada Airone tigrato rossiccio Rosse Tijgerroerdomp Rødhalset Tigerhejre Ruskotiikerihaikara
Rödhalsad tigerhäger Soco-boi-ferrugem bukac cervenavý

Chant et voix : le chant que l'on peut entendre au crépuscule ou quand la nuit est tombée est une série très rythmée d'aboiements étouffés : "WOO-HOO, WOO-hoo, woo-hoo, woo-hoo, woo-hoo, wu-hù". Il ralentit et décroit en volume sur la fin. Parfois, il est très simplifié et on n'entend juste qu'une dizaine de notes "huu-huu-huu-huu...." qui baissent et qui diminuent en tempo. Quand il s'envole précipitemment, l'onoré rayé délivre un "gwalk"

guttural comme cri d'alarme ou une série de "uuk-uuk-uuk-uuk-uuk" rudes qui deviennent de plus en plus puissants et de plus en plus frénétiques au fur et à mesure qu'ils approchent de la conclusion.

Caractères distinctifs : L'onoré rayé est un héron brun avec un cou rouge. Chez les adultes, les côtés et l'arrière de la tête affichent une belle couleur châtain qui contraste très fortement avec la gorge blanche et la partie antérieure du cou. Cette dernière est ornée de 2 ou 3 longues stries continues brun-rougeâtre. Le dos et la queue sont noir-verdâtre. Les ailes sont gris sombre avec des fines barres et taches noires qui sont à peine perceptibles quand on les observe à une certaine distance. Les flancs sont gris ardoisé avec des bandes blanches. L'abdomen présente une couleur grise avec une nuance ocrée. Le dessous des ailes est gris ardoisé avec des bandes poinutues blanches. Le bec, relativement long, mesure environ 10 cm. Il a un culmen très droit, ce qui fait que la tête a l'air légèrement inclinée vers le haut. Les parties nues sont décrites de nombreuses façons : Le bec est généralement brun-jaunâtre ou bien noir dessus et jaune, verdâtre ou chamois-olive clair dessous. Les lores et la peau orbitale sont jaunes avec une bordure grise. Les iris sont jaunes mais parfois brun clair. Les pattes sont vert-olive, souvent avec une couleur plus foncée sur le devant des tarses.

Les sexes sont identiques mais les juvéniles diffèrent de leur parents par la couleur de leur plumage. Les immatures sont habituellement chamois-cannelle brillant avec des barres noires. Leur abdomen est blanchâtre ou de couleur pâle. Leur queue est étroitement bandée de blanc. Les flancs et le dessous des ailes sont fortement barrées de noir et de blanc. Toutefois, ces immatures passent par de nombreuses étapes de coloration avant d'atteindre leur plumage adulte définitif au cours de la cinquième année. Parvenus environ vers l'âge de 16 mois, leur livrée devient majoritairement châtain et , dans les deux années qui suivent, les barres du cou et le noir du capuchon disparaissent progresssivement.

L'Onoré rayé est parfois confondu avec l'Onoré fascié, bien que la couleur châtain brillant de sa tête et de son cou ainsi que les rayures blanches du dessous des ailes soient souvent considérées comme des critères de différenciation absolument indéniables. Les juvéniles des deux espèces se distinguent par le bec plus droit et la silhouette plus longiligne du premier.

Habitat et distribution : L'Onoré rayé est essentiellement un oiseau des marécages et des marais tropicaux. On le trouve plus particulièrement sur les lisières boisées des marécages et le long des rivières à faible débit, dans les mangroves et dans les forêts innondées. Il fréquente également les boisements qui sont situés sur les collines. Au Venézuela, pendant la saison sèche qui dure de Décembre à Avril, on peut très facilement l'observer dans les llanos, au bord de pièces d'eau ou à proximité de rivières dont le lit est bas. Par contre, pendant la saison des pluies qui se déroule de Mai à Octobre, ces oiseaux sont plus dispersés et moins visibles.

L'Onoré rayé est originaire d'Amérique Centrale et d'Amérique du sud. En Amérique Centrale, son aire de distribution commence au Chiapas et dans l'extrême sud-ouest du Mexique puis se poursuit du Honduras jusqu'au Panama. En Amérique du sud, elle va jusqu'à l'Equateur sur la côte Ouest. Sur le reste du continent, elle couvre le territoire des Guyanes, l'ensemble du Brésil, la Bolivie, le Paraguay, les provinces nord de l'Argentine et l'Uruguay. On recense officiellement 2 sous-espèces : T.L.marmoratum (étendues de chaco au Paraguay et en Argentine, régions plus densément boisées dans les collines andines de Cordoba et Mendoza, Mato Grosso au Brésil, majeure partie de la Bolivie) -T.L. Lineatum ( du nord de la Bolivie jusqu'au Honduras, couvrant tout le reste de l'aire)

Comportements : Les onorés rayés se nourrissent surtout pendant la nuit. Ils chassent principalement en se tenant debout et immobiles. Cependant, occasionnellement, on a déjà pu les observer, marchant lentement dans l'eau pendant la période diurne. Dans tous les endroits, ils vivent en solitaire et il chassent seuls dans l'eau peu profonde, attendant patiemment l'arrivée d'une proie et la harponnant d'un puissant et rapide coup de bec en avant. Lorsqu'ils sont dérangés, deux tactiques sont généralement utilisées : soit ils se figent et demeurent immobiles comme des butors, mais sans dresser leur bec vers le haut, soit ils s'envolent précipitamment et trouvent refuge dans les branches hautes d'un arbre . Quand ils se déplacent, leur vol est laborieux.

Dans le milieu naturel, on ne connait pas leurs parades. Par contre, elles ont pu être observées en captivité. Pendant la période nuptiale, les Onorés rayés produisent un bourdonnement nasal, assez semblable au gémissement allongé que l'on entend pendant la nuit. Ces oiseau font également claquer leur bec à de multiples reprises, notamment au cours d'une cérémonie au cours de laquelle les 2 partenaires se saluent et entrelacent leurs cous. Cette parade se transforme en danse lente , l'un des 2 protagonistes étirant son cou d'un côté à l'autre tandis que l'autre adopte une posture figée comme un butor.

Reproduction : Le nid est souvent une assez large plateforme de branches située jusqu'à 7 mètres dans un arbre à la lisière de la forêt et près d'un marais. Au Surinam, c'est une structure fragile bâtie à une grande hauteur. Certains nids sont construits à terre et ne comprennent que quelques brins de paille et quelques branches malgré la profusion de matériaux disponibles. Les individus de la race marmoratum élaborent des structures rudimentaires et plutôt faibles comparé à la taille de ces oiseaux. La saison de nidification et la couleur des oeufs varient selon les régions : au Surinam, la ponte a lieu en Mai-Juin, les oeufs sont blanc-bleuâtre avec des taches violettes sur la partie large de la coquille. Au Brésil, le seul oeuf d'un oiseau captif de Belem était très fortement taché alors que celui pondu au Nord de l'Argentine au mois de janvier était blanchâtre avec quelques légères marques sombres. Les oiseaux de la race marmoratum déposent généralement 2 oeufs et certains oiseaux reclus en captivité peuvent déposer plusieurs pontes de 3 oeufs consécutivement. La femelle couve seule pendant une période de 31 à 34 jours. Lorsqu'ils éclosent, les petits ont un duvet blanc, une gorge nue, un bec jaune et des pattes d'une teinte noire terne. L'adulte couve seulement après le lever du soleil et quand la lumière du jour éclaire bien le nid. S'il est dérangé, il procède à des vols circulaires à proximité mais il retourne assez rapidement au nid. Les poussins ne recoivent pas de nourriture pendant toute la journée, les parents les alimentent par régurgitation à partir du moment où la nuit est tombée. Lors des premiers jours, les aliments sont bien pré-digérés pour tenir compte des faibles capacités digestives des petits , mais au fur et à mesure que ceux-ci grandissent, la nourriture delivrée est de plus en plus proche de son état brut.

Nourriture : Les Onorés rayés se nourrissent principalement de petits poissons d'eau douce (6-8 centimètres). En dehors de la période de nidification, ils peuvent consommer jusqu'à 30 ou 40 "mojarras" par jour ( poissons de la familles des perches et des carpes). Ils délaissent généralement les poissons qui vivent dans les eaux salées. En dehors de cela, leur menu comprend d'autres poissons d'assez grande taille, des crustacées, des sauterelles, des coléoptères aquatiques et des larves de libellules.

Protection/Menaces : Le statut de cette espèce est très difficile à établir car, selon les endroits fréquentés et les saisons, il n'est pas toujours perceptible de la même manière. Ainsi, au Venezuela, dans les zones boisées, il paraît peu répandu et passe facilement inaperçu alors que dans les steppes herbeuses, il semble plus nombreux et plus évident. D'après birdlife, la population n'a pas été estimée précisément, mais compte tenu de la vaste superficie (13 200 000 km carrés) de son territoire et de l'apparente stabilité de ses effectifs, l'espèce est considérée comme ne posant pas de problèmes particuliers. A notre connaissance, aucune mesure de protection n'est prise à son encontre.