OUTARDE DU BENGALE

Houbaropsis bengalensis

Classe : Oiseaux Superordre : Echassiers Ordre : Gruiformes Famille : Otididés Longueur : 64-68 cm Poids 12501700 gr (M) - 1700 2250 gr (F)

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Chant et voix : Les Outardes du Bengale sont ordinairement assez silencieuses en dehors de la période nuptiale. A l'époque des parades, elles émettent des croassements et des bourdonnements assez étranges. En cas de perturbation ou de danger, elles produisent des "chik-chik-chik" stridents et métalliques. En d'autres occasions, pour communiquer ou garder le contact, elles peuvent lancer des cris assez analogues mais plus doux et plus gémissants.

Caractères distinctifs : Au premier abord, l'Outarde du Bengale possède la même aspect général que les autres otididés en raison de ses longues pattes nues et de sa posture corporelle très horizontale. Le mâle présente un cou et une tête noire pourvue d'une tignasse. L'ensemble des parties inférieures a un apparence de velours noir foncé. Le dos est chamois-brun ou chamois-sable avec d'abondantes mouchetures et vermiculures ainsi que des taches noires en forme de chevrons. Une touffe de longues plumes noires forme une sorte de bavette sur le devant de la poitrine. On peut apercevoir une large tache blanche scintillante au niveau des couvertures. En vol, la grande taille, le cou tendu, les pattes collées contre le corps et l'ensemble du plumage de couleur pie sont des caractères discriminants indiscutables.

Les femelles et les jeunes mâles de premier âge affichent un plumage chamois-roux ou chamois-sable avec des mouchetures et des chevrons noirs sur le dos. La large tache alaire blanche est absente. Le capuchon est brun sombre avec une évidente strie chamois éclatant sur le sommet. Les immatures acquièrent le plumage des adultes dès la première mue de printemps mais, assez curieusement, ils reviennent au plumage juvénile au cours de la mue automnale. Une fois que le plumage adulte est totalement acquis ( c'est à dire à le seconde mue printanière), ils conservent ces couleurs en toutes saisons.

Les outardes du Bengale ont des iris jaunes ou bruns, un bec couleur corne avec un peu de jaune sur la mandibulre inférieure et au niveau de la bouche. Les pattes et les pieds sont jaune paille, parfois avec une légère nuance verte ou plomb.

Habitat et Distribution : Les Outardes du Bengale fréquentent toutes sortes de prairies dans les régions basses. On les trouve plutôt dans les étendues arides qui sont envahies temporairement par les eaux, dans les parcelles herbeuses naturelles ou semi-naturelles qui alternent avec des zones de broussailles et de petits arbustes. Pendant la saison humide, elles pénètrent souvent dans les boisements clairsemés, comme c'est le cas au Cambodge. Les populations indiennes semblent sédentaires alors que celles du sud-Est asiatique sont plus sujettes à des mouvements locaux. Pendant la période de reproduction, les mâles privilégient les habitats où l'activité humaine est presque nulle, souvent des prairies qui ont été affectées par des feux de broussailles. Les femelles choisissent plutôt des étendues qui n'ont subi aucune modification , ni par le feu ni en raison de leur transformation en terre agricole.

Les Outardes du Bengazle vivent en 2 populations bien distinctes ; l'une habite sur le subcontinent indien, l'autre dans le Sud-Est asiatique. L'aire de la première population s'étend de l'Uttar Pradesh jusqu'à l'Assam et l'Arunachal Pradesh en passant par le Népal. La population sud-asiatique vit principalement au Cambodge dans la région du Lac Tonlé Sap mais son terrritoire s'étend peut-être jusqu'au Sud du Viet-Nam. Cette espèce est divisée en 2 races qui coïncident parfaitement avec la répartition géographique décrite ci-dessus : H.B.bengalensis (Nord de l'Inde, Népal , au pied des collines de l'Himalaya) - H.B.blandini (Cambodge, Sud Viet-Nam).

Comportements : Contrairement aux outardes du genre Otis, les Floricans du Bengale ( leur autre nom) ne sont pas très grégaires. Le plus souvent, ils vivent en solitaire même si parfois on trouve 4 à 8 oiseaux dans un périmètre assez rapproché. Ces outardes recherchent leur nourriture dans des prairies ouvertes aux herbes courtes ou dans des parcelles qui ont été affectées récemment par des feux. Elles déploient leur activité en début de matinée et en soirée , elles préfèrent se retirer à l'abri du couvert au fur et à mesure que la matinée avance. Les Outardes du Bengale pratiquent une sorte de ségrégation sexuelle, les mâles et les femelles s'alimentant dans des endroits distincts. Elles sont extrêmement prudentes et vigilantes, mais lorsqu'elles résident dans les hautes herbes qui les dissimulent , elles ne s'enfuient que si l'intrus s'approche à quelques mètres d'elles. Les outardes du Bengale sont capables de voler sur de très longues distances, elles peuvent également courir vite, ce qui les met souvent hors de portée des prédateurs. En vol, elles se déplacent grâce à de puissants battements de leurs larges ailes, les pattes étant collées sous leur abdomen et ne pendant pas comme c'est le cas chez les grues ou chez les cigognes.

Reproduction : En Assam, la période de reproduction s'étale de Mars à Juin, plus particulièrement de fin Mars au début Avril. Dans les autres régions, elle a lieu en Juin-Juillet-Août. Le nid est une petite dépression située sur le sol d'une vaste prairie au pied des collines de l'Himalaya. Il est souvent très difficile à repérer car la femelle est très discrète à ses abords et elle ne jaillit dans les airs qu'en cas de situation vraiment alarmante. La ponte comprend généralement 2 oeufs lisses, brillants et d'une forme ovale assez régulière. Ils ont une couleur vert-olive avec des petites taches brunes et violacées et des marques sous-jacentes grisâtres. La femelle couve seule pendant environ 30 jours.

Comme la plupart des outardes du subcontinent indien, les mâles ont des moeurs sexuelles assez dissolues et ils tentent de séduire plusieurs partenaires différentes par des parades extravagantes. Au cours de ces rituels à la limite de la caricature et du grotesque, ils jaillissent 8 à 10 mètres au-dessus des hautes herbes, pratiquent le vol stationnaire les ailes grand écartées puis redescendent perpendiculairement jusqu'à leur point de départ avant de reprendre la manoeuvre quelques secondes plus tard. Ces sauts acrobatiques sont accompagnés de légers croassements ou de profonds bourdonnements ou ronflements. Au cours de la phase suivante, les courtisans s'approchent de leur promise à la manière d'un dindon, levant et déployant la queue en éventail, laissant trainer les ailes au sol et produisant les mêmes bourdonnements que précédemment. Après l'accouplement, les mâles marquent apparemment un désintérêt total pour l'élevage de leur couvée. Ils retournent à leurs activités de séduction et ils tentent de s'emparer d'une nouvelle partenaire. .

Nourriture : Les Outardes du Bengale sont omnivores. Cependant, leur menu est composé majoritairement de matières végétales comme les fleurs de moutarde ou les graines de plantes oléagineuses. Elles consomment également des herbes succulentes, des baies, des graines ordinaires et des cardamomes sauvages. Les outardes du bengale agrémentent leur régime de quelques insectes : les locustes; les sauterelles, les coléoptères et les fourmis. Occaionnellement, elles capturent des lézards et des petits serpents. Une assez grande quantité de sable et de gravier est également ingérée.

Protection/Menaces : Depuis le début du siècle dernier, la population des outardes du Bengale a décliné dramatiquement. Lors d'une récente estimation (2001), il restait entre 32 et 60 individus au Népal. La population cambodgiene variait de 666 à 1004 oiseaux dont environ 300 étaient des mâles reproducteurs. La principale raison de ce déclin est attribuée à la dégradation des habitats et à la conversion des prairies en terres agricoles. Le surpatûrage, le coupage inaproprié des herbes, l'incendie volontaire de parcelles peuvent être également avancés comme des raisons valables. La chasse pour l'alimentation et le plaisir ont sans doute accentué le phénomène. La population est classée par l'IUCN comme "en danger critique" .